Do make me think : le numérique au service de l'autonomie des travailleurs
Développeurs ou designers, vous créez des outils soignés pour simplifier, automatiser, numériser le travail des autres ?
Pour énormément de travailleurs, la transformation de leurs métiers par le numérique a été synonyme d’une charge administrative écrasante. Derrière des promesses de simplificiation et de temps gagné, le design et les métiers de la tech risquent de se rendre complice de la dévalorisation de l’expertise des travailleurs, de plus en plus astreints à des tâches de saisie de donnée. Comment concevoir des outils qui renforcent l’expertise des gens plutôt que de la remplacer – qui reposent sur la confiance plutôt que sur la contrainte ?
En partant d’exemples très concrets et parfois tout à fait désastreux – en particulier, d’un outil censé changer la vie de ceux qui accompagnent les bénéficiaires du RSA et les demandeurs d’emploi – on réfléchira aux meilleurs façons de créer des outils qui libèrent du temps et respectent l’intelligence.
Voici des cas concrets où nos bonnes intentions se retournent sur nos utilisateurs.
On verra :
- des interfaces censées simplifier la vie qui créent des montagnes de travail inutile,
- des systèmes informatiques qui asservissent les professionnels au reporting,
- des gens réduits à un travail mécanique pendant que les machines leur chipent le boulot intéressant.
On discutera :
- des façons de concevoir pour mobiliser l’intelligence des gens et pas l’éteindre,
- des techniques anciennes et nouvelles qui donnent aux utilisateurs le contrôle de leur environnement,
- de la sauvegarde et de la transmission des expertises entre professionnels.
Louis-Jean Teitelbaum
Formé aux sciences humaines et aux études des technologies, Louis-Jean Teitelbaum a d’abord mené des recherches sur le design d’interfaces avant de devenir développeur et designer indépendant. Cette double approche – critique et pratique – l’a conduit vers le design de services publics numériques au sein de beta.gouv.fr, puis à la Plateforme de l’inclusion, où il coordonne aujourd’hui les études de terrain et la conception d’interfaces. Il y conduit notamment GPS, un service de coordination du travail social qui privilégie l’autonomie des professionnels. Il enseigne également à Gobelins.
